SPICY TRIPS

Jaisalmer, « ville dorée »

Après la « ville rose » (Jaïpur) il y a quelques mois, et avant la « ville bleue » (Jodhpur) que je vous raconte dans le prochain article, nous voici arrivés à Jaisalmer, dite « la ville dorée », et ce à juste titre croyez moi.

Située au beau milieu du désert du Thar (qui recouvre une bonne partie du Rajasthan), Jaisalmer ne se trouve qu’à une centaine de kilomètres du Pakistan voisin. C’est pour nous la ville la plus lointaine de notre road-trip (par rapport à Delhi s’entend), et au final la ville que j’ai préféré de toutes celles que nous avons vu.

Même si nous y arrivons de nuit (les fameuses 6heures de bus depuis Bikaner), nous comprenons rapidement d’où lui vient son surnom de « ville dorée » quand notre tuktuk nous dépose aux pieds de la forteresse de la ville, immense et totalement construite de pierres jaunes sables. Quand nous franchissons la porte de l’enseigne, nous entrons dans une espèce de village qui me fait un peu penser à Carcassonne (Carcassonne en Inde oui oui j’vous jure). Une petite ville dans la ville. Mais aussi un dédale de petites ruelles qui ne laissent passer ni voitures ni tuktuks, d’un calme surprenant.

Nous nous faisons indiquer le chemin jusqu’à notre auberge : Sagar Guest House. Kamal, notre hôte, nous accueille à base de « t’inquiètes paupiette », « tranquille Emile », autant vous dire qu’il n’en faut pas plus pour me faire rire et l’adorer dès le premier contact (il en faut peu certes…). Il nous propose deux chambres (bah oui on est quatre tout de même) petites mais cosy, juste ce qu’il nous faut pour les deux nuits que nous passerons ici. Nous grimpons ensuite jusqu’au rooftop (on reprend nos bonnes habitudes de roots perchés sur les toits) (enfin « roots », allez) où nous dînons. Je teste pour ma part un « Malai Kofta » absolument DE-LI-CIEUX, de quoi nous faire oublier les 15 heures de bus que nous avons accumulé ces dernières 24 heures (ce qui n’est pas rien croyez moi, les bus indiens, comment vous dire…). Lors de ce dîner nous rencontrons d’ailleurs un groupe de Canadiens, amoureux de l’Inde, qui nous décrivent en avant-première la beauté de Jaisalmer (de quoi nous mettre l’eau à la bouche pour notre visite du lendemain), mais nous expliquent aussi qu’il y a une vingtaine d’années (en 1993 si ma mémoire ne me fait pas (déjà) défaut), ils n’avaient pu parvenir jusqu’ici car la ville de Jaisalmer avait été « victime » d’une mousson incroyable qui avait condamné les routes d’accès à la ville et partiellement détruit la ville tant les pluies étaient torrentielles. En restent quelques traces au sein de la ville hors forteresse où des maisons n’ont pas encore été reconstruites et demeurent en état de tas de pierre ici ou là.

Notre découverte de Jaisalmer commence réellement le lendemain matin, pour notre plus grand plaisir. L’ouverture des volets de notre chambre nous offre d’ores et déjà une jolie vue sur une ruelle de la ville, mais qui n’est rien comparée à ce que nous découvrons, de jour cette fois, de la terrasse de l’auberge où nous prenons notre petit déjeuner. De là-haut nous voyons Jaisalmer, la partie dans la forteresse, mais aussi celle derrière les remparts, et au loin le désert. Validation évidente du combo pierres jaunes + ciel bleu au réveil.

Il est temps ensuite de filer nous perdre dans le dédale de ruelles que nous avions partiellement découvertes au moment de notre arrivée, la veille. D’Havelis en temples Jaïns en passant par une série de petites boutiques toutes plus mignonnes les unes que les autres, en surface ou en sous-sol, nous savourons cette promenade matinale au sein de la forteresse de la ville.

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Nous osons ensuite en sortir pour découvrir l’autre partie de la ville, celle hors des remparts. Retour en Inde immédiat (quoi on était vraiment à Carcassonne juste avant en fait ?). J’entends par là retrouvaille de l’animation rurale, de la circulation dense et bruyante, des marchands qui vous accostent de manière de manière plus ou moins délicate, mais nous restons émerveillés  par la beauté de la ville. La lumière du soleil donne de magnifiques couleurs aux bâtiments des rues que nous empruntons, même si je trouve le rendu des photos prises ce jour-là très peu fidèle à ce que nous avions alors sous les yeux. Comme nous en avaient avertis les Canadiens que nous avions rencontré la veille dans notre auberge, gisent en effet ici et là encore des tas de graviers, restes des maisons ravagées par la mousson survenue une vingtaine d’années auparavant.

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Le midi nous nous régalons dans un restaurant du centre de la ville : le Trio Restaurant. Nous nous installons sur la terrasse de laquelle nous avons une vue imprenable sur un hôtel magnifique, ses jardins. Et la cuisine est excellente. Nous nous essayons à deux plats de poulet à la sauce locale, et c’est un pur régal.

Nous rentrons ensuite à l’auberge car cet après-midi nous partons faire…un tour du désert (et de chameauuuuu), avec Kamal, notre hôte. Avec Bikaner, Jaisalmer est en effet un endroit particulièrement prisé pour les safaris dans le désert.

Nous embarquons à bord de la Jeep de Kamal et là commence notre aventure dans le désert du Thar et le Desert National Park au sein duquel la chasse d’animaux est interdite afin de conserver les espèces qui y vivent (notamment des antilopes) (comme dans le Roi Lion oui oui, on s’y croyait aussi totalement) (moi aussi je voulais « être roi de la terre des lions« ) (pardon). 

Nous nous arrêtons à plusieurs reprises avant de grimper sur nos petits animaux à bosse, pour observer des fossiles, puis pour découvrir le village de Kamal, en plein milieu du désert. Il nous explique la construction des maisons par les femmes du village, que nous visitons ensuite avec des villageois qui y vivent. C’est assez déboussolant pour chacun d’entre nous de constater avec quels « moyens du bord » ces personnes vivent, encore de nos jours. La maison c’est une pièce, qu’on ne peut de toute évidence pas appeler « pièce à vivre » vu sa dimension. On y cuisine, et on y dort, voilà tout. La technologie telle qu’on la connait n’est évidemment pas de la partie dans ce cadre de vie, et pourtant les gens ne nous ont en rien semblé malheureux, aussi modestes soient leurs conditions de vie (avec nos yeux de geeks  occidentaux accros à la technologie on serait presque tenté de dire « aussi préhistoriques », mais il semble alors nécessaire de savoir se détacher de ses standards pour concevoir que de tels modes de vie puissent encore exister en 2016). 

Nous repartons ensuite jusqu’au lieu où se trouvent « nos » chameaux, et nous sommes alors comme des enfants rien qu’à l’idée de grimper sur ces drôles d’animaux. La promenade dans le désert dure une bonne heure. Nous apercevons d’autres groupes de touristes eux aussi en chameau, deux antilopes, quelques arbres, et du sable, beaucoup de sable (sans blague ?!). Pas un bruit à l’horizon hormis les chansonnettes que tente de nous apprendre notre chamelier, un peu en vain je pense (quelques doutes persistent sur notre accent indien). 

Nous arrivons ensuite…au beau milieu du désert j’ai envie de vous dire (oui c’est un peu le concept de l’excursion vous me direz), où deux chameliers nous attendent près d’un feu sur lequel des marmites commencent à bouillir avec notre dîner à l’intérieur.

Nous grimpons sur les dunes de sable alentour, le temps de quelques photos totalement clichées je vous l’accorde, mais inévitables en soi. C’est magnifique. Le soleil qui commence à se coucher donne des couleurs remarquables au sable tout autour de nous. Au loin on aperçoit un « troupeau » de chameaux en liberté. Moment de calme et de sérénité par excellence.

Quelques minutes plus tard, les chameliers nous servent ce qui ressemble à de petits beignets qu’ils ont cuisiné pour nous. C’est délicieux. Puis il est l’heure d’admirer le coucher de soleil, du haut d’une dune voisine. Il m’est ici impossible de vous retranscrire l’intensité du moment que nous vivons alors, qui a un côté presque religieux à en juger par notre silence à tous, émerveillés par le spectacle que nous avions face à nous à ce moment.

L’heure du dîner sonne bientôt, composé de légumes, riz et chapatis (sorte de pain local), à nouveau un régal (j’ai l’impression de vous écrire ça environ 35 fois par article un peu). Une fois bien rassasiés, nous restons autour du feu pour un moment de musique et de chant que nous partageons avec Kamal et les chameliers qui sont avec nous. Chacun improvise de petits chants et rythmes, un peu approximatifs certes, avec nos percussions de fortune : un bidon d’eau et deux assiettes en aluminium. Moment de bonheur total.

Cooking dans le désert - Jaisalmer

Il est ensuite déjà l’heure de remonter dans la jeep  avec Kamal et de rentrer à Jaisalmer, car demain de nouvelles aventures nous attendent, sur la route de Jaisalmer à Jodhpur…et à moto !

Alors Jaisalmer, on y va ou pas ? Pour ma part c’est un OUI OUI et encore OUI ! Si vous vous octroyez assez de temps pour visiter cette région magnifique qu’est le Rajasthan et qu’un peu de route ne vous effraie pas (enfin « un peu »), quel que soit le moyen de transport que vous emploierez, je vous conseille vivement de foncer découvrir cette petite merveille du désert qu’est Jaisalmer.

Je vous dit merci si vous avez eu le courage de lire la totalité de cet article et vous dis à très vite pour la suite de nos aventures ! 

 

 

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Une réflexion sur “Jaisalmer, « ville dorée »

  1. Pingback: Les bons plans du Rajasthan | Oeuf De Khôlomb

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