SPICY TRIPS

En moto pas en chameau

Vous avez surement vu passer l’info, que ce soit ici dans un post que j’avais fait à ce sujet (si non, il se trouve par ), ou sur les réseaux sociaux sur lesquels j’en ai parlé un peu : pendant la semaine de Road Trip que je vous ai raconté, nous nous sommes déplacés…à moto.

Pourquoi ? Pas trop compliqué la location ? Sur quels trajets ? En combien de temps ? C’était comment ? Je vous raconte tout juste en dessous !

(Si les questions pratiques concernant notre choix de transport et la location à proprement parler ne vous intéressent que peu ou pas, je vous donne rendez-vous un peu plus bas directement au paragraphe « C’était comment? », je nous vous en voudrais pas c’est promis !)

  • POURQUOI ?

J’ai presque envie de vous dire « parce que » ou « juste pour le kiff » mais ce n’est pas la réponse que vous attendez, et en vrai ça va un peu plus loin que ça, quand même.

Nous avions fixé notre itinéraire sur les trois destinations que je vous ai présenté dans les articles précédents à savoir Jaisalmer, Jodhpur et Udaïpur. Et côté distance ça donnait un truc comme 250 kilomètres environ entre chaque ville. Vous me direz « ça passe » ou « mais c’est pas grand chose en fait », chez nous non, ici un peu plus déjà. Parce que, sans mentir, pour couvrir une distance pareille ici en bus par exemple, vous signez pour environ 5heures de trajet. Au moins. Et qui dit bus dit horaires plus ou moins fixes (je dis bien plus ou moins, on est en Inde quand même), dit inconfort, mais aussi ne rien voir des paysages que vous traversez (à moins d’avoir le nez collé à la fenêtre pendant tout ce temps là mais personnellement c’est rarement comme ça que je voyage). Du coup louer des motos, comme nous l’avions déjà fait à Goa par exemple pour nous déplacer le long de la côté et de plages en plages, ça résolvait un peu les questions des horaires (nous étions libres de partir quand nous voulions pour aller d’une ville à l’autre) et celle des jolis paysages. Je ne vais pas vous mentir, niveau confort on était loin de l’extase sur nos bécanes (pour pas dire qu’on souffrait pas mal dès qu’on passait plus d’une heure dessus), mais bon.

En plus de ça, une fois arrivés dans les villes nous ne dépendions de rien ni personne, pas de station de bus à trouver pour nos excursions, ni de billets à réserver par la même occasion, pas de tuktuk à négocier pour aller d’un endroit à un autre, et la possibilité de faire nos propres itinéraires, de se rendre à des endroits potentiellement non desservis par les transports habituels et d’y rester aussi longtemps que bon nous semblait.

Alors oui on aurait pu louer les services d’un chauffeur de voiture qui nous aurait suivi pendant tout notre périple, aussi. C’est d’ailleurs ce que je vous conseille si vous voulez voyager sans contrainte, rapidement, et avec un minimum de confort. Mais ayant deux amis passionnés de moto, et un porte-monnaie qui ne nous permettait pas ce luxe, la moto s’est offert à nous comme l’option qui rassemblait tous nos critères et promettait une bonne dose de plaisir (que dis-je, un KIFF DE L’ULTIME ouais !)

  • LA LOCATION (et remise) DES MOTOS

Ce que nous voulions à tout prix c’était de pouvoir faire une boucle d’étapes et de ne pas devoir revenir dans une ville où nous étions déjà allés, question de timing évidente. Nous avions six jours et notre temps était un peu compté entre les jours de visites et les jours de trajet. Pas question de perdre une journée à devoir retourner dans une ville pour rendre nos bolides, encore moins après notre étape imprévue de Bikaner qui nous avait déjà fait perdre une journée entière, au passage.

Nous nous étions donc renseignés avant de partir sur la possibilité d’emprunter les motos à un endroit et de les rendre ailleurs, ce qui s’est révélé être possible, à condition de payer le retour des motos, à savoir que dans ce cas là notre loueur devait envoyer deux personnes (une pour chaque moto) qui viendraient dans notre destination finale les récupérer et les ramener au loueur ensuite.

Notre projet était donc d’effectuer la location à Jaisalmer, notre première « vraie » étape, et de les remettre à Udaïpur, la dernière ville où nous allions séjourner. Nous avions pris contact avec un loueur avant de partir, histoire de s’accorder sur les motos que nous voulions (des Royal Enfield 350 dans notre cas) (#Royal N’Roots), les lieux de prise en main et de remise, et évidemment le prix de la location ET du retour à Jaisalmer. Pour plus d’informations sur les tarifs, le prestataire par lequel nous sommes passés etc (on sait jamais, si l’aventure vous tentait) (et je ne saurais que vous la recommander), n’hésitez pas à me contacter et je vous donnerai tous les détails c’est promis !

Niveau administratif ne vous en faites pas trop, mais soyez fermes tout de même lorsque vous établissez votre « contrat » (verbal uniquement, évidemment) avec votre loueur. On ne vous demandera pas votre permis de conduire pour attester de votre capacité à conduire vos motos, en revanche on pourra vous le demander en guise de caution lors de la location, paradoxe total j’en conviens. Question sécurité aussi, il ne tient qu’à vous de demander des casques, ils n’ont en soi rien d’obligatoire malgré ce que peuvent vous dire vos loueurs (on nous a par exemple dit qu’à Jodhpur la police était très « à cheval » sur ce détail, jusqu’à ce que nous arrivions sur place pour constater qu’à Jodhpur comme ailleurs il n’en était rien). Après ça pourra peut être vous sauver la vie donc, disons que « ça se tente ».

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  • SUR QUELS TRAJETS  & EN COMBIEN DE TEMPS ?

Jaisalmer – Jodhpur (279 kilomètres) dans un premier puis Jodhpur-Udaïpur (250 kilomètres) ensuite. Dans les deux cas ça nous a pris une journée entière. L’objectif n’étant pas seulement de se rendre d’un point A à un point B, nous nous étions « réservé » deux journées entières pour ces temps de trajets. Si vous voulez faire ça de manière rapide et opérationnelle, comptez 5 bonnes heures à chaque fois.

Mais à nouveau, l’objectif étant aussi de découvrir le Rajasthan au delà de ses « grandes étapes touristiques », nous souhaitions aussi pouvoir nous arrêter quand bon nous semblait, visiter éventuellement d’autres villes intermédiaires, déjeuner dans des endroits sympas, prendre des photos quand les paysages nous plaisaient etc. Au final, nous nous arrêtions toutes les heures à peu près, ce qui permettait également à nos deux conducteurs de respirer un peu et ne pas être trop fatigués du trajet.

  • C’ÉTAIT COMMENT ? (en bref) (ou presque)

Sans en faire des tonnes, c’était FOU. On l’attendait, on se l’était imaginé, et finalement c’était encore mieux. Retour rapide sur ces deux jours à califourchon sur nos bolides.

Jaisalmer – Jodhpur

Ou une journée à la traversée du désert (du Thar, toujours). Une seule et unique route relie les deux villes (du coup pas de fausse route possible et pour des non-adeptes de l’orientation et de la lecture de carte, c’est plutôt pratique croyez moi). D’un bout à l’autre, vous verrez notamment : du « sable » à perte de vue dans un premier temps (au départ de Jaisalmer et sur une bonne centaine de kilomètres environ), des petits (tous petits) villages constitués d’une rue principale (et c’est à peu près tout), des hôtels de luxe (les resorts) sur les bords de route (mais le plus souvent entourés de grands jardins qui, ne vous en faites pas, les gardent bien au calme des bruits éventuels de la circulation indienne sur les routes qu’ils bordent), et un peu de relief à l’approche de Jodhpur.

Mais surtout, du VIDE. Et c’est bien ce qui m’a le plus surpris. Parce que quand vous avez en tête que l’Inde c’est au bas mot 1,2 milliards d’habitants (soit 17% de la population mondiale, rien que ça), il me semblait pour ma part inconcevable de pouvoir observer des espaces aussi vastes totalement dénués de toute population (de population uniquement, la végétation, elle, y est relativement dense au fur et à mesure que vous vous éloignez de la partie la plus aride du désert) (consacrée presque entièrement à l’agriculture, ndlr). En effet, même si nous venions de Jaisalmer qui est en soi une petite ville à l’échelle de l’Inde avec ses 20 000 habitants à peine, la partie de la ville située hors de la forteresse vous maintient tout de même dans l’esprit indien des villes un minimum peuplées et pleines de vie, et donc dans le genre d’ambiance que nous avions souvent rencontrées jusque là au cours de nos différents périples. Après il est vrai qu’en jetant un œil un tant soit peu attentif à la carte du Rajasthan, vous pourrez constater que le désert du Thar prend un peu de place, pour ne pas dire qu’il couvre environ toute la région. Et qui dit désert peut en effet aussi dire faible population et activité (CQFD) (on pourrait même voir ça comme du bon sens en y réfléchissant un peu).

L’impression que m’a donné cette journée a été de découvrir un visage tout à fait nouveau de l’Inde, de plonger dans toute son authenticité, et de constater que même si nous avions déjà pas mal vadrouillé dans différentes régions du pays, nous n’en voyions alors que les lieux touristiques et donc particulièrement vivants. Et donc pas grand chose au final à en juger par l’étendue de ces espaces inhabités. J’ai particulièrement apprécié cette première journée de trajet à cet égard, ayant l’intime conviction de cerner  un peu mieux ce pays  que je me représentais jusqu’alors essentiellement comme une immense fourmilière en ébullition totale, en toute circonstance et d’un bout à l’autre de son territoire.

Je vous partage quelques photos et vidéos capturées lors de cette journée, qui ne restent malheureusement que des images et peinent donc un peu à vous transmettre l’esprit des lieux d’où elles proviennent.

Jodhpur far away - Jaisalmer

 

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Fashion week - Vers Jodhpur

Pause café - Vers Jodhpur

Jodhpur – Udaïpur

Nous entreprenons ce jour-là un trajet à l’allure totalement différente de celui qui nous avait mené de Jaisalmer à Jodhpur. Celui-ci s’introduit par 80 kilomètres absolument sans intérêt car réalisés sur une route nationale dénuée de tout charme, longue et droite, qui nous a très peu enchanté, voire même carrément ennuyé, avouons le. Nous faisons une première halte à Pali après une heure et demie de trajet, où nous avalons un petit déjeuner rapide. Le temps de décider qu’il était hors de question de passer une journée entière à rouler sur ce genre de voie, sachant que cette fois en plus, nous avions le choix d’emprunter de petites routes qui traversaient de nombreux villages. Nous optons donc pour ce deuxième itinéraire et c’est sans regret et l’esprit encore empli des odeurs et couleurs qui nous se sont trouvées sur notre passage que je vous en parle aujourd’hui.

… sont autant de villages par lesquels nous sommes passés sur notre route vers Udaïpur et entre lesquels nous nous sommes retrouvés face à des paysages qui, une fois encore, nous étaient totalement inconnus et nous ont émerveillés. De la ville, à la savane, en passant par un peu de désert à nouveau et de plus en plus de montagnes quand nous nous rapprochions d’Udaïpur. Chaque portion de route nous offrait un style de paysage et de végétation différent, des couleurs et odeurs toutes différentes aussi. Et à chaque fois des sourires, radieux. Des villageois heureux de nous saluer sur notre passage, de prendre quelques photos avec nous, sans mauvaise intention, plutôt par étonnement et avec une bienveillance qui ne faisait pas l’ombre d’un doute.

Un réel plaisir de rouler et de découvrir tout ça au fur et à mesure des kilomètres qui nous rapprochaient de notre destination finale. Nous nous sommes arrêtés régulièrement ce jour-là aussi, mais cette fois davantage pour admirer le paysage que par simple nécessité de faire des pauses pour se dégourdir les jambes et se reposer un peu. Le midi nous nous avons fait une halte pour déjeuner dans un Resort, tout petit, et perdu au milieu des montagnes. Un moment de calme absolu, de repos, de détente. Et même si je ne m’imaginerais jamais vivre dans ce type d’endroits (encore moins en Inde), leur découverte ne fut qu’émerveillement. A nouveau peu de vie à l’horizon à l’exception des quelques villages que nous avons traversé, mais je vous avoue avoir été moins surprise par cette dimension cette fois, peut être parce que les paysages qui nous entouraient palliaient justement à cette absence d’animation humaine.

Il y a aussi eu le passage au milieu d’une fête locale en pleine nature, les gens qui défilent, suivis par des chevaux. Et la panne d’essence à l’approche d’Udaïpur. Et la petite course poursuite sur la route de montagne. Et se perdre dans les ruelles d’un village tellement mignon par lequel nous ne devions que passer rapidement. Autant de souvenirs qui ont rendus cette journée entière de route plus que plaisante là où elle avait commencé par une première heure d’un ennui mortel.

Pause village - Vers Udaipur.JPG

Sauveur - Vers Udaipur

 

Le Road Trip en moto, pour ou contre ?  Evidémment POUR. Parce que les sensations sont plutôt chouettes, parce qu’on est maître de notre temps et de nos déplacements, et qu’on découvre l’Inde d’une toute autre manière. Mais le but de cet article n’est pas de vous publier une apologie de la bécane (la passagère-bikeuse en carton que je suis ne se le permettrait évidemment pas), parce que je sais que cette possibilité ne concerne pas tout le monde, loin de là, question du permis toussa toussa. Plutôt de vous conseiller, si vous le pouvez et qu’on vous donne le choix bien entendu, d’aller voir ailleurs. Pas ailleurs de ce blog non non (quoi que le choix vous appartient après tout), mais ailleurs des circuits et trajets traditionnels que l’on vous proposera naturellement pour vous déplacer dans le Rajasthan. Alors certes il faut du temps et certes toutes les petites routes et petits villages que nous avons découverts (surtout de Jodhpur à Udaïpur) ne figurent pas sur les guides à la page des « Must See de l’Inde », mais à mon sens ils en font pourtant partie intégrante et vous offriront autant d’images que d’aspects culturels du pays que vous ne vous seriez pas imaginés autrement qu’en tombant dessus, par hasard dans notre cas.

Si vous êtes arrivés jusqu’ici, BRAVO ! Il m’en a fallu des mots pour vous raconter tout ça, et en relisant cet article j’ai pourtant encore l’impression qu’il en manque pas mal pour vous décrire ces aventures sur la route avec authenticité. Mais c’en est déjà un bon « résumé » et j’espère que ça vous a plu !

 

Je vous donne rendez-vous très vite pour quelque chose d’un peu plus succin et dans un style que j’expérimente pour la première fois : mon carnet des bonnes adresses du Rajasthan (Jaïpur, Pushkar, Jaisalmer, Jodhpur, Udaïpur)

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2 réflexions sur “En moto pas en chameau

  1. Salut,
    Je viens de lire avec attention ton article (tres sympa soit dit en passant) et comme nous aimerions faire qqch de proche, peut etre plus de jasalmer en direction de delhi… bref on ne sait pas encore trop… on serait interessré de connaitre le loueur de votre moto et les tarifs que vous avez obtenu pour cette location! Merci d’avance. Adeline

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