BE READY

Chloé retourne maison

Et ce qui devait arriver arriva. Nous avons fini par revenir à Paris, enfin en France quoi. Il y a deux mois JOUR POUR JOUR, nous sautions dans notre dernier taxi indien, direction l’aéroport de Delhi, puis Doha, puis Paris. 12 heures plus tard nous devions arriver en France (et nous sommes bien arrivés en France, je sais qu’avec les transports indiens, on aurait pu croire que… mais non, pour le retour c’est où il faut quand il faut, même pas de petite anecdote dingo à vous raconter à ce sujet). 

Bon, ce n’est pas sans encombre que nous avons fini par sauter dans l’avion. La faute à un passeport perdu au cours des quatre mois passés, d’un papier officiel qui en atteste mais prend visiblement du temps à être lu, de guichets qui se ferment sous notre nez au moment de l’enregistrement, d’une queue monstrueuse pour les contrôles de sécurité, et de la nécessité d’enfiler 13 couches de fringues pour ne pas dépasser les limites de poids de notre unique valise, nous nous sommes retrouvés à jouer les Usain Bolt (et à nouveau à suer comme jamais vous vous en doutez) en plein aéroport pour être sûrs de pouvoir rentrer à la maison en temps et en heure (annulation de vol à l’aller, retard sur le retour, je crois que les avions et moi c’est loin d’être une histoire d’amour) (promis Marion, je ferai un effort Vendredi). 

Les Gitanes - Aéroport - New Delhi

Finalement, le trajet est passé très rapidement. Le temps de regarder deux films (dont Marguerite de Xavier Giannoli que j’avais envie de voir depuis tellement longtemps et que j’ai littéralement adoré), de passer par une phase “blues” en se rappelant que l’expérience de folie pour laquelle nous avions embarqué il y a quatre mois touchait déjà à sa fin. “DEJA”, c’est le seul mot qui me restait en tête tout au long de ce vol. Tout est passé si vite, les voyages, les petites sorties, les parties de badminton nocturnes, la vie de campus, les milliers d’heures passées dans les transports, et même les cours d’une certaine manière (mais d’une manière très très mystique disons).

C’est drôle, mais quand on est loin de chez nous, et d’autant plus dans un pays si différent du nôtre que l’Inde, on a tendance à oublier un peu comment c’est “à la maison”. La façon de parler des gens (ceux que l’on connait mais aussi plus généralement ceux qui habitent dans notre région, le cas des accents etc) ou les habitudes comportementales les plus banales comme regarder de chaque côté pour traverser la route, ne pas jeter ses déchets n’importe où n’importe comment dans la rue ou ne pas négocier les prix de tout ce que vous achetez par exemple. Ces habitudes du quotidien sont pour ainsi dire inhibées, au moins le temps du voyage, dans un soucis d’acclimatation au contexte local notamment. 

Si bien qu’une fois les deux pieds reposés sur le sol français, c’est une succession de “ah oui c’est vrai” toutes les cinq minutes, dès que quelqu’un dit ou fait quelque chose. Alors oui, nous avons parlé français durant ces 4 mois, oui nous avons gardé certaines de nos habitudes de français aussi, du moins celles qui n’étaient pas susceptibles de “faire tâche” en local (déjà qu’avec nos têtes d’endives on peut difficilement cacher notre style de touriste), mais c’est un peu du “sans transition bonsoir” que de revenir “vraiment”. Comprendre à nouveau tout ce que raconte les gens autour de vous, savoir que vous faites à nouveau partie du moule et qu’on vous jugera nécessairement pour tout ce que vous ferez de publiquement différent des autres badaux du coin. Parce que ce qu’on aurait pardonné en Inde en tant que touriste, et ce que l’on pardonnerait limite à un touriste à la maison, ne vous sera pas pardonné, parce que personne n’a conscience que vous êtes en plein décalage psychologique suite à ce que vous venez de vivre ailleurs (et que tout le monde s’en tape pas mal aussi, et à juste titre en soi), et qu’il vous faudra quelques temps pour vous ré-acclimater pleinement.

In the air - Doha to Paris

Je ne parle même pas du décalage horaire. Même si seulement 3 heures et demie séparent l’Inde de la France, c’est toujours une torture pour moi. Avoir envie de dormir tous les soirs à partir de 20h30 (minuit en Inde), se réveiller à 6 heures tous les matins. Une semaine pour se recaler, on aura vu pire certes.

Ca fait maintenant deux mois que je suis rentrée. Et pourtant il ne se passe pas un jour sans que je ne continue à comparer ce que je vis ici avec ce que j’ai découvert, et appris, là bas. Pas un jour sans que je ne continue à parler de cette expérience qui m’a marqué à jamais. Pas un jour sans que je n’aie envie d’y retourner, aussi. Malheureusement, on se rend bien compte à quel point “tout s’oublie”, toute la dimension sensorielle de l’expérience notamment. Les bruits (constants), les odeurs, les couleurs, je fulmine parfois de ne plus réussir à me souvenir de tout. Sur place, nous tenions avec Phim, un carnet quotidien de ce que nous faisions. J’ai terminé le mien il y a une semaine, et je sais qu’en rédigeant la fin à partir de mes souvenirs, j’ai certainement oublié un million de choses car ce que nous vivions là bas était beaucoup trop intense et chargé de détails pour que notre mémoire puisse tout garder à jamais.

Back to France - Aéroport - Paris

L’Inde j’y retournerai, c’est une évidence. Même si ça revient à signer pour une expérience totalement différente de celle que nous avons vécu dans le cadre de nos études là bas, je sais que j’ai encore beaucoup de choses à y voir, de moments à y vivre, de convictions à y trouver. Il est assez rigolo de constater ce que ce genre de voyage, et tout les voyages que l’on peut faire de manière générale je pense, ont à vous apprendre en termes émotionnels, humains et pratiques. Au delà de la simple opportunité, je mesure quelle chance j’ai eu de pouvoir vivre une telle expérience, et j’en remercie ceux qui y ont contribué, avant, pendant, et après, au retour.

Vous m’excuserez cet article « 3615racontetavie », mais l’effet retour +2 mois c’est aussi le temps des bilans, des leçons, des bilans.

Je vous retrouve très vite pour quelque chose de mon pompeux, enfin j’essayerai au moins. Bon début de semaine à tous !

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